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Ma vie avec Liberace

 
ma vie avec liberace
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ma vie avec liberace

 
Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Steven Soderbergh
 
Acteur: Michael Douglas, Matt Damon, Dan Akroyd, Scott Bakula
 
Nationalité: Américaine
 
Genre: ,
 
Mise en scène
8.5


 
Scénario
9.0


 
Musique
8.0


 
Emotion
9.5


 
Notre note
8.8
8.8/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Sans rien gommer des extravagances de cet artiste hors norme, le film de Soderbergh évite le piège, porté par une double performance d'acteur qui laisse sans voix.

C'est un peu faible...


La censure américaine qui a boudé le film. Shame on them.


Posté le 22 septembre 2013 par

 
Chronique
 
 

Le personnage est tellement hors norme qu’il semblait difficile de l’évoquer sans tomber dans la caricature. Soderbergh y arrive pourtant, grâce aux performances incroyables de Matt Damon et Michael Douglas. Remarquable !

Scott Thorson vit toujours dans sa famille d’accueil. En attendant de devenir vétérinaire, il dresse des animaux pour le cinéma et la télévision. L’homosexualité n’étant pas encore très convenable en cette année 1977, Scott drague discrètement dans les bars gay. L’un de ses amants de rencontre l’emmène à Las Vegas assister au spectacle du showman le plus populaire du moment : l’incroyable Liberace. Virtuose et charmeur, la star captive son auditoire avec un savoir-faire qui impressionne Scott. Invité en coulisse, il fait la connaissance de l’idole, qui n’est pas insensible à son physique d’Apollon. La star étant très attachée à ses petits compagnons à quatre pattes, les connaissances de Scott en matière de soin pour les chiens vont achever de briser la glace enter les deux hommes…

Ce destin hors norme d’un musicien génial incarne aussi toute l’hypocrisie d’une Amérique puritaine qui niait l’homosexualité dans l’espace public.

Un immense piano à queue translucide surmonté d’un candélabre scintillant, d’invraisemblables costumes rutilants et des diamants à chaque doigt, un brushing délirant et un sourire magique, un bagout incroyable et l’envergure d’un authentique virtuose : Liberace n’était pas un artiste à la fantaisie débridée, il était LE roi du « kitsch grandiose » comme il l’appelait lui-même. Hors norme et excessif en tout, son don pour le spectacle et son charme lui ont permis de conquérir tous les domaines, de la télé au cinéma, et de s’imposer jusque dans les années 70 comme l’homme de spectacle le mieux payé au monde. Mais Liberace était aussi le plus spectaculaire anachronisme de l’Amérique de son temps. Les Américains adoraient Liberace pour sa démesure et son charisme ravageur, aveuglé par son talent au point d’ignorer ce qui était évident à une communauté homosexuelle peinant encore à être respectée. Car ce destin hors norme d’un musicien génial incarne aussi toute l’hypocrisie d’une Amérique puritaine qui niait l’homosexualité dans l’espace public. Un mensonge médiatique auquel Liberace se soumis plusieurs fois, notamment lorsque Scott Thorson, chauffeur et amant, lui demanda des comptes à leur séparation. Désireux depuis longtemps de signer un portrait de ce personnage insensé, c’est en découvrant la biographie signée Scott Thorson que Steven Soderbergh trouva l’angle qui lui manquait.

Comment dresser le portrait de ce showman hors catégorie qui semblait avoir inventé l’extravagance à lui seul ? Comment l’approcher sans sombrer dans les clichés et le ridicule ? En cherchant l’homme derrière les strass. En se concentrant sur cette rencontre entre deux hommes, et l’amour sincère qui, loin des regards d’une société hypocrite, les a uni pendant quatre ans. De la rencontre avec Scott jusqu’à la mort de l’idole des ménagères, vaincu par le Sida, Steven Soderbergh brosse le portrait intime de cet homme d’exception, et de l’Amérique des années 70. Reconstituant avec soin lorsque les lieux n’existe plus, réunissant sur le plateau les authentiques objets du quotidien de la star, Soderbergh a su élaborer un décor très crédible, une évocation d’autant plus pertinente qu’elle use d’un humour volontiers féroce. L’essentiel reposait sur le choix de deux acteurs capable d’assumer une partition aussi difficile. Le résultat est sidérant. Liberace brillant par son charme et son intelligence, Michael Douglas fascine et bouleverse. Une composition exceptionnelle qui n’a rien à envier à celle de Matt Damon. Corps de dieu grec et coupe de cheveux à la Big Jim, il est un Scott Thorson absolument touchant. La qualité des compositions de Dan Akroyd, Scott Bakula et Rob Lowe est aussi à saluer. Avec ce biopic, à la fois hommage et témoignage, Soderbergh entendait illustrer l’évolution des mentalités depuis la disparition de Liberace. C’est en effet spectaculaire. En dépit de son casting royal et de sa performance ahurissante, Behind the candelabra (titre original de Ma vie avec Liberace) a été considéré comme trop « gay » par le tout Hollywood et n’a pas trouvé de distributeur pour le projeter en salles aux USA ! C’est la chaîne HBO, productrice du film, qui a réparé cette aberration en le diffusant. Réalisant pour l’occasion une audience record. Liberace n’est plus, mais l’hypocrisie n’est pas morte…

Informations supplémentaires et l’avis Clayderman du Margouillat

ma vie avec liberaceL’avis du Margouillat : La personnalité de Liberace était tellement délirante que l’on imaginait mal comment une bio pourrait éviter l’écueil de La cage aux folles… Et pourtant!

Site : http://www.hbo.com/movies/behind-the-candelabra  


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...