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Waste Land

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 25 mars 2015
 
Réalisateur: Pieter Van Hees
 
Acteur: Jérémie Renier, Natali Broods, Peter Van den Begin , Babetida Sadjo
 
Nationalité: Belge
 
Genre: , ,
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
00


 
Emotion
7.0


 
Notre note
5.3
5.3/10


Note des lecteurs
2 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Une ambiance poisseuse qui gangrène son héros, et un Jérémie Renier toujours aussi surprenant

C'est un peu faible...


Les allergiques à la patte belge se détourneront. Mais ils auront bien tort.


0
Posté le 26 mars 2015 par

 
Chronique
 
 

Obsédé par son enquête et la sœur de la victime, un flic est lentement pris au piège de ses propres angoisses, sombrant irrémédiablement… Waste Land est un polar hanté, poisseux. Sur fond d’un héritage africain, esquissant une vision sans illusion de la Belgique contemporaine, le film s’accroche à l’errance d’un homme qui perd pied au plus beau moment de sa vie. Un cinéma fascinant, porté par une composition toute en force de Jérémie Renier, excellent. Rude et prenant.

L

éo Woeste n’est pas un flic facile, du genre tenace. Mais pour sa compagne et son petit garçon, il est prêt à prendre tun peu de distance. Jusqu’à ce qu’il enquête sur le meurtre d’un jeune africain. Fasciné par la sœur du défunt, ensorcelé par l’Afrique qui se cache au cœur de Bruxelles, Léo remonte la piste du meurtrier et de ses propres démons… C’est une bonne habitude à prendre : se laisser surprendre par nos voisins belges. Cette fois, c’est un thriller classique qui est à l’honneur. Sauf que rien n’est jamais classique dans le cinéma belge. Il y a bien un cadavre, une enquête poisseuse, un suspens qui s’insinue, mais très vite l’intrigue est doublement troublée. Par l’ombre menaçante et fantasmée de cette Afrique héritée du colonialisme, et qui semble sans relâche envoûter les belges. Mais aussi par la part d’ombre de ce flic qui vacille au bord du gouffre, comme victime d’une malédiction, au moment où tout devait lui sourire. On se laisse emporter, abuser, jusqu’à sombrer avec Léo dans la folie. Un sale voyage, inquiétant et sombre, qui est aussi un écho d’un pays qui se questionne.

Avec Waste Land, Pieter Van Hees clôt sa trilogie de « l’anatomie de l’amour et de la douleur », centré sur la quête d’identité de personnages cherchant leur place. Une trilogie qui n’a cessé de monter en gamme et en maturité. Après Left Bank et Dirty Mind, Waste Land est un réel aboutissement qui, par écho, renvoie à la situation même du pays. Avec le couple formé par le héros et sa compagne, il évoque la relation d’amour et de haine entre francophones et néerlandophone, transcendant la barrière de langue par la fébrilité et la tendresse de leur relation. Personnage à part entière, Bruxelles est ici montré par le prisme de son quartier africain, incarnant un pays et une Europe en porte-à-faux avec son héritage d’un passé colonial, d’une jeunesse qui ne lui ressemble pas. Un tissu de tension, de fantasmes, d’angoisses, qui repose sur un casting riche de gueules, de fortes personnalités, parmi lesquelles un premier rôle étonnant. A l’origine, c’est un acteur de Left Bank qui devait jouer Léo : l’immense Matthias Schoenaerts. Finalement, Van Hees a confié ce rôle à Jérémie Renier. Un choix qu’on ne peut que saluer. Parfois méconnaissable, massif et menaçant, Renier détraque peu à peu son personnage, creusant une fragilité douloureuse qui le mène droit vers la folie. Après le très beau Le grand homme et sa performance dans le Saint Laurent de Bonello, Renier nous étonne encore. Il est parfaitement à sa place dans ce polar hanté.

Cette chronique est liée au FocusBlog consacré à Waste Land

Informations supplémentaires et avis hanté du margouillat

wastelandafficheL’avis du margouillat : Voilà un polar qui s’annonce sombre et tendu mais assez classique, mais qui tel un piège nous embarque dans la réalité faussée de son héros, entre obsession africaine et fardeau d’un passé trop lourd. Un mauvais trip que l’on vit intensément parce que l’on s’attache vite à Léo. Il faut dire que Jérémie Renier est excellent, une fois de plus…

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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