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Weekend of a champion

 
weekend of a champion
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Fiche Technique
 

Millésime: 1972/2013
 
Réalisateur: Frank Simon
 
Acteur: Jackie Stewart, Roman Polanski, Helen Stewart, Ken Tyrell…
 
Nationalité: Britannique
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
8.0


 
Emotion
9.0


 
Notre note
8.0
8/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Voyage dans le temps, ballade dans l'intimité d'une légende, ce documentaire retrouvé est une révélation.


Posté le 17 décembre 2013 par

 
Chronique
 
 

Instantané miraculeux du milieu de la formule 1 à une époque encore héroïque, ce documentaire ressuscité se double d’un portrait tout à la gloire d’un champion magnifique, Jackie Stewart. Une perle rare passionnante, pédagogique et émouvante.

E

n 1971, Jackie Stewart arrive à Monaco pour remporter le grand Prix, bien décidé à conjurer le sort après un accident. Précurseur en matière de sécurité, technicien remarquable, le champion est accompagné de son ami Roman Polanski, qui le suit tout au long du week-end avec le réalisateur Frank Simon derrière la caméra. Si le documentaire novateur tiré de cette expérience est salué en festival, il ne connaîtra pour ainsi dire aucune exploitation en salle. Il aura fallu attendre que le laboratoire anglais demande il y a 4 ans s’il pouvait disposer des négatifs pour que Polanski et son monteur Hervé de Luze redécouvrent ce matériel d’exception, le restaurent et remontent le film. Des stands à l’intimité de la chambre d’hôtel, le documentaire s’impose pourtant comme un témoignage unique sur un passé révolu, une époque magique et périlleuse ou un pilote n’avait qu’une chance sur trois de survivre à 5 années de compétition… À la tête de la croisade pour la sécurité qui a totalement changé l’image de la Formule 1, Jackie Stewart nous apparaît au sommet de sa gloire, à la veille de son second titre mondial.  Les favoris fleurissent sur les tempes, le défilé de « tronches » ferait envie à plus d’un polar, et le moins connaisseur découvre le visage de légendes. Voir Jackie Stewart échanger quelques plaisanteries avec Fangio avant de retrouver Graham Hill sur la grille de départ et son préparateur Ken Tyrell au stand à quelque chose de surréaliste…

Polanski et Simon suivent le pilote partout, donnent la parole à sa compagne et aux proches, construisant un portrait complet d’une vie de champion d’alors, parlant ouvertement de la peur, de la notion du risque, du goût du sang du public. Un portrait d’autant plus pertinent et passionnant que Jacky Stewart s’avère ne pas être qu’un champion hors norme: c’est aussi un formidable pédagogue. Visite de préparation du circuit commentée avec soin, discussion des trucs et secrets entre pilotes dans les stands, explications lumineuses sur les finesses de conduite qui font d’un bon pilote un champion, Jackie Stewart rend limpide la gestion d’un bolide même au plus réfractaire des spectateurs ! Pour conclure cette redécouverte, Polanski retrouve Jackie Stewart dans la même chambre du même hôtel de Monaco. Tous deux évoquent le film, la gloire, l’époque, et surtout ceux qui ont payé de leur vie des conditions de sécurité encore hésitantes. Un lot d’anecdotes qui conduit à une confession aussi inattendue que touchante: Jackie Stewart, le champion du monde adulé et cité en référence a mis des années avant de pouvoir parler de son handicap. Élève médiocre, une terrible dyslexie l’a toujours empêché de pouvoir lire et écrire. Une douleur qu’il a toujours maquillée, détournée, et qui fait bondir de plusieurs crans l’énorme côte de sympathie dont ce personnage formidable bénéficiait déjà. Du début à la fin, pour ses images et son témoignage, pour son contenu et ses enseignements, et pour l’envergure de son portrait, Weekend of a champion est à montrer à tous, les accrocs du volant comme les allergiques au moteur à explosion.

Informations supplémentaires et l’avis Vrooom du Margouillat

weekendofachampionL’avis du Margouillat :  On retrouve dans ce documentaire les heures héroïques de la formule 1 prises sur le vif, et commentées en direct par l’un de ses géants, un Jackie Stewart d’une humanité magnifique.

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...