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Voyage dans la Préhistoire, Le Baron de Crac, L’Arche de M.Servadac : la preuve par trois du génie Zeman

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 27 mai 2015
 
Réalisateur: Karel Zeman
 
Acteur: Vladimir Bejval, Petr Herrmann, Milos Kopecky, Rudolf Jelinek...
 
Nationalité: Tchècoslovaque
 
Genre: , ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
6.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.3
7.3/10


Note des lecteurs
2 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Visionnaire et nostalgique, délirant et poétique, Zeman est un conteur majeur du cinéma fantastique

C'est un peu faible...


Les défauts aux yeux des détracteurs constituent tout le charme pour les autres. Alors... no comment!


0
Posté le 26 mai 2015 par

 
Chronique
 
 

Un champ de bataille catapulté dans l’espace, un fleuve pour voyager parmi les dinosaures, l’épopée d’un baron héroïque entre lune et terre : avec ces trois perles de cinéma qui ressortent dans une version restaurée, le néophyte peut dans les meilleures conditions faire la connaissance de ce génie du conte qu’est Karel Zeman. Une liberté de raconter en image dont la verve continue de fasciner…

N

ous vous le citions en référence dans le focus blog consacré à A la poursuite de demain : Karel Zeman est le plus « vernien » des réalisateurs. Mais le réduire à cette référence est un peu facile. Afin d’esquisser l’ampleur de son œuvre, présentons les trois films qui ressortent ce mercredi… Voyage dans la préhistoire est peut-être le plus célèbre. Un enfant passionné de préhistoire emmène trois de ses camarades dans un voyage unique : en remontant un fleuve, ils remontent l’histoire de l’évolution jusqu’à la source de la vie terrestre. Fantasme de tout paléontologue, associant prise de vue réelle et animation, ce bijou aux trucages bluffant date de 1955, et imposa Karel Zeman parmi les précurseurs les plus inventifs des effets spéciaux. En 1962, Karel jongle avec ses modèles littéraires dans Le baron de Crac. L’humour fantasque, parfois grinçant, il invente une aventure insensée au Baron de Münchhausen, un périple invraisemblable où figurent aussi la fusée de Jules Verne, le Cyrano de Rostand et la baleine de Pinocchio… Avec L’Arche de M. Servadac, en 1970, Karel Zeman est un sommet. Inspiré par un roman de Jules Verne particulièrement fantaisiste, il raconte le destin d’un morceau d’Afrique, champ de bataille des colonisateurs occidentaux, propulsés par une météorite loin de la terre… mais pas des tristes penchants des hommes et de leurs armées, que Zeman tourne en ridicule. Succulent. Quant à vous dire lequel des trois voir il faut voir en premier, c’est impossible. Les trois semble un minimum !

S’il fut longtemps ignoré, justice est rendue à ce géant du cinéma fantastique. Venu de l’animation où il excella dans tous les festivals, il fut ensuite reconnu pour sa façon unique de mélanger acteurs et décors tout droit sortis des illustrations de ses livres favoris. À commencer, bien sûr, par ceux de Jules Verne. Si le cinéma de Karel Zeman impressionne encore, c’est bien sûr par la modernité des nombreuses techniques qu’il a mis au point, par son goût du fantasque, son humour taquinant l’absurde et le politiquement incorrect. « Mélies Tchèque » ? « L’autre Harryhausen » ? Tous les qualificatifs lui conviennent. Mais ce qui le différencie des autres, c’est la liberté totale de sa parole de conteur. Il n’adapte pas Jules Verne, il se l’approprie, découpe les illustrations des livres pour en faire des décors magiques, et garnis le ciel de dirigeables à pédale et de forteresses volantes, comme dans le magnifique Dirigeable volé. Pour L’arche de M Servadac, il détourne les cartes postales exotiques, les estampes des explorateurs. Et si une armée de dinosaures apparaît, contraignant les soldats imbéciles à échanger leurs canons contre le vacarme de régimes de casseroles, on est à peine étonné. Imprévisible, Zeman est à la fois réalisateur, artiste et poète. Avec lui, tout est possible, et rien n’est écrit. La preuve, il nous le montre ! Qui oserait aujourd’hui un récit aussi fou, aussi détaché de toute contrainte ? Karel Zeman était un raconteur comme il y en a très peu, doté d’une verve et d’un sens visuel qui se défie du temps. Pablo Picasso a dit « Quand j’étais enfant, je dessinais comme Raphaël, mais il m’a fallu toute une vie pour apprendre à dessiner comme un enfant. » A sa façon, Karel Zeman a créé un façon de mettre en image ses histoires avec une exigence d’esthète, mais une liberté d’enfant . Si trois de ses chefs-d’œuvre ressortent en salle, et c’est un évènement, sachez que la majorité de sa filmographie sort dans la foulée en DVD chez Malavidafilm.com…

 


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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