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La non-chronique de La stratégie Ender

 
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4/5


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Positives


Le film reste sans doute à découvrir, et Gavin Hood n'y est pour rien !

Negatives


La grande humanité d'Orson Scott Card pose la question du rapport entre l'artiste et l'oeuvre.


Posté le 4 novembre 2013 par

 
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Dans l’obscurité des salles, personne ne vous entend penser…

Voilà l’adaptation d’une saga SF de qualité, servie par un casting trois étoiles, un budget conséquent et un réalisateur qui, s’il nous a déçu avec Xmen origins: Wolverine, nous avait auparavant conquis avec Détention Secrète et le marquant Mon nom est Totsi, Oscar du meilleur film étranger. Après les ratages de Mortal Instruments et avant l’arrivée de la suite de Hunger Games, le film de Gavin Hood aurait du ruer dans les brancards médiatiques. Nenni. La faute à l’auteur des livres adaptés, le mormon et un poil réactionnaire Orson Scott Card, qui n’attendait que cette tribune internationale pour laisser parler son cœur d’humaniste. Après les attaques lamentables contre le mariage gay, qui ont suscité polémiques et appels au boycott cet été, OSC s’est lâché sur Obama, le comparant à Staline et Hitler, usant du pâle subterfuge d’un essai de science-fiction pour jouer au prédicateur de comptoir. Se désolidarisant des délires de l’auteur, Lionsgate s’est replié sur une promo bien sage, zappant la présentation du film à la presse, apaisant notre curiosité en nous soumettant le matériel vidéo associé à cet article…

Il est possible qu’une part des dividendes du film tombe dans la poche de ce triste sir à l’esprit pestilentiel, l’écrivain apparaissant parmi les producteurs du film. Encore que cette présence au générique pourrait faire simplement partie de l’accord lors de l’achat des droits des livres. Mais faut-il pour autant en faire payer le prix à l’équipe de Gavin Hood? Cela revient à se poser la question qui fâche quand l’idéal affronte la réalité. Un acteur magnifique peut-être un humain lamentable. L’incarnation du meilleur ami du petit écran peut s’avérer être une crevure en privé. Et celui qui écrit un livre avec talent peut dans le même temps faire preuve de la plus misérable personnalité. À chacun de faire la part des choses, pour se nourrir du meilleur et mépriser le reste.

Sorti le 1er novembre aux États-Unis, « Ender’s game » a pris la tête du box-office, et les réactions semblent plus positives que prévu quant à la qualité de l’adaptation. Est-ce que se détourner des salles obscures empêchera Card de proférer ses âneries? C’est peu probable. Le boycott mène souvent à un effet contraire, et il serait totalement absurde que ce film devienne un véhicule idéologique pour bigot réactionnaire… Expert en stratégie et en usage de la mauvaise publicité, Card a montré le peu d’attachement qu’il portait au film en le torpillant avec entrain. Et il est probable qu’il recommencera à la prochaine occasion.

Dissocier l’intérêt du film de l’individu qui en a donné la matière est une manœuvre délicate, mais la seule qui puisse faire intervenir la raison. L’essentiel est d’avoir une idée précise de ce qui nous est proposé. Pour ce qui est de ce qui se passe entre les deux oreilles du sieur Card, c’est fait. Pour ce qui est du film de Gavin Hood, il n’y a qu’en salle que l’on pourra le savoir.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...