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Faith No More – Sol Invictus

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 18 Mai 2015
 
Musicien: Mike Bordin (batterie), Billy Gould (basse, production), Mike Patton (chant), John Hudson (guitare), Roddy Bottum (claviers)
 
Editeur: Reclamation Records/PIAS
 
Style: , ,
 
Production
6.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
6.5
6.5/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

Bien vu


Un album écoutable de bout en bout par le commun des mortels.

Peut mieux faire


Trop court et pas assez novateur. Mais on s’attendait probablement trop à un colossal chef-d’œuvre…


0
Posté le 12 mai 2015 par

 
Notre avis
 
 

PastedGraphic-1J’écoute le lien fourni par PIAS depuis la mi-février et j’avoue que ne savais sur quel pied « penser ». Je me suis dit qu’il valait mieux attendre de voir le groupe sur scène pour se faire une idée claire.

C

‘est chose faite avec le concert de Detroit du 8 mai retransmis sur le net. Pour le moment, les musiciens, eux, ils y croient moyen, puisqu’ils se fendent tout au plus de cinq extraits de ce septième album. Oui, en 33 ans, d’une carrière certes marquée par de longues interruptions, seulement sept album, c’est super léger, on est bien d’accords. À ne pas confondre avec l’album d’Akhenaton, ce « Sol Invictus » se révèle finalement à la fois rassurant et extrêmement frustrant.
Tout au long des années 90, l’une des immenses qualités de Faith No More est de nous avoir baladés sans la moindre état d’âme ni le plus léger respect envers un business qui a longtemps cru qu’il tenait un groupe capable de battre Red Hot Chili Peppers à son propre jeu. Le pire, c’est que tous ceux qui les connaissent vraiment savent qu’ils n’auraient eu aucun mal à se lancer dans la course et à enfoncer les charts à coup de rengaines faciles (comme leurs reprises sucrées et iconoclastes des Comodores, Sacha Distel, Homer Simpson ou des Bee Gees…). Au lieu de ça, depuis le premier album, on pouvait s’attendre à tout de la part de FNM et chaque album était une occasion de se gratter la tête et le reste.

Mais aujourd’hui, près de vingt ans après son précédent album studio, on se demande bien ce que le groupe aurait bien pu inventer pour nous surprendre, ou ne serait ce que nous légèrement déstabiliser. Ce gang sans foi ni loi aux allures de sale gosse, d’espiègle génial, de trouble fête incorrigible semble être devenu un « groupe normal ». Tant de décibels ont coulé sous les ponts et on a écouté tellement de tout et de n’importe quoi qu’on est comme vacciné. Quoi que FNM puisse tenter avec ce « soleil invincible », le pari de déranger l’auditeur, autant qu’il le faisait jusqu’à « Album Of The Year », était clairement perdu d’avance.

Déjà, on avait pu vérifier avec son retour aux affaires il y a 6 ans, que, sur scène, les musiciens ne prenaient plus leur public à rebrousse-poil et proposaient une sélection de morceaux les plus populaires comme les autres (Red Hot en tête).

Alors ils n’ont pas essayé, une nouvelle fois, de réinventer la roue à faire couler l’eau tiède. Dès les premières écoutes, l’ensemble reste impressionnant mais ni plus ni moins que ce à quoi on pouvait s’attendre, qu’on connaisse FNM depuis « We Care A Lot », via une quelconque pioche sur le net  ou juste avec l’un des nombreux Best Of  (« Epic and Other Hits », « The Platinum Collection », « This Is It: The Best of Faith No More », « The Very Best Definitive Ultimate Greatest Hits Collection », « You Fat Bastards/Who Cares a Lot? », « The Works (A 3 CD Restrospective) », « Midlife Crisis: The Very Best of Faith No More », soit presque autant que d’albums officiels).

Déjà, on découvre un Mike Patton presque sage, ne venant pas saboter la sérénité quasi religieuse du titre d’ouverture, « Sol Invictus », ne hurlant pas plus que ne l’exigeaient les titres les plus débridés (« Superhero », « Separation Anxiety ») et, surtout, exploitant au mieux la grande flexibilité de son registre vocal sur des compositions souvent contrastées (« Sunny Side Up », « Cone Of Shame », « Black Friday », « Rise Of The Fall »…). Alors, pour sûr, le reste du groupe impressionne de maîtrise. De la java, du Chopin, du hardcore, de la valse, du bouzouki, bof, on ne va pas se fatiguer à tout énumérer… Formidable ! Mais rien cette fois qui soit particulièrement époustouflant ou complètement innovant. On a même le sentiment que tous ignorent ou méprisent royalement tout ce qui a pu se faire ces quinze ou vingt dernières années.

À l’image cde ce « Motherfucker » qui tombe presque à plat alors qu’il aurait fait scandale au début des années 90, comme avec le pauvre poisson qui mourrait à la fin du clip de « Epic ».

Et vous ne m’ôterez pas de l’idée que ce qu’il manque vraiment à FNM aussi bien en studio que sur scène, c’est un guitariste capable de tenir tête à ses prétendus camarades, dans un groupe où il ne semble être tout au plus qu’un intérimaire plus ou moins permanent.

Jon Hudson est bien sympa, mais on aimerait qu’il vienne botter le cul de Patton de temps à autres. Comme sur les images en concert, il reste dans son coin, discret et appliqué, mais ne permettant jamais à un titre de décoller en décochant une salve comme l’aurait fait un Morello.

Le paradoxe, c’est qu’il n’y a pas de temps mort ou de faiblesse majeure dans cet album. Mais pas de sommet non-plus. Pire, « From The Dead », qui clôt « Sol Invictus, semble même emprunté à, urgl (ça fait mal de le dire), Red Hot… Plutôt que cette production sans grand relief du bassiste Billy Gould, même avec Matt Wallace au mixage (producteur des meilleurs albums), tant qu’à faire, on aurait presque apprécié de voir ce que Rick Rubin aurait tiré de Faith No More…

Donc au final, on n’aura pas grand chose de plus qu’un « best of  » un peu plus subtil que les officiels. Titre le plus ambitieux du lot, seul « Matador » semble être taillé pour rivaliser, enfin, avec « Epic ». Celui-ci mis à part, je ne vois malgré tout pas ici un morceau qui puisse nous faire oublier, en concert, de réclamer  « Epic », « Midlife Crisis », « From Out Of Nowhere », « King For A Day » ou « The Gentle Art Of Making Enemies »,  » Everything Ruined », « Caffeine », « Evidence », « Surprise You’re Dead » ou « Ashes Ot Ashes », qu’ils se sentent presque obligés de jouer tous les soirs. Ou même une bonne poignée d’autres qu’ils ne veulent plus ressortir. Et, entre nous, quatre ou cinq titres de plus sur cet album, surtout après  dix-huit ans d’attente, ça n’aurait pas été du luxe. Dix nouvelles chansons seulement pour trente-cinq minutes quarante d’écoute, c’est presque de l’abus.

On retrouve donc tout simplement ce « bon vieux Faith No More », et on ne sait s’il faut en rire ou en pleurer.


Jean Pierre Sabouret

 
Jean Pierre Sabouret
Journaliste, photographe, animateur TV, j'ai dirigé Best, Hard Rock Magazine, écrit pour Guitarist, Rock You, Hard & Heavy, présenté Boulv'hard sur M6 et Dr Heavy and Mister Hard sur MCM et reste un "hard'ent défenseur du rock progressif.


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