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Hellfest – Day 1 – Jurassic Perk

 

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Posté le 26 juin 2014 par

Play the foule
Jour J, enfin nous y sommes. Ces dizaines de festivals faits ces dernières années n’estompent pas notre inclination pour le Disneyland de l’enfer. La recette reste peu ou prou la même. Une scénographie pleine d’imagination pour donner vie à un décor constitué de monstres, cranes, et tout un bestiaire d’animaux nuisibles, y compris dans le public. Une foule qui, pour l’occasion, a ressorti des « ticheurts » floqués aussi anciens que les groupes qu’ils affichent, et ce n’est pas peu dire. Les beuglements, les batailles dans le pit et les quelque 700 000 bières ingurgitées n’empêchent pourtant pas les festivaliers de se montrer respectueux des artistes sur scènes, même s’ils sont moyennement fans, et d’être d’une totale courtoisie lorsqu’on se balade dans les allées ou que l’on joue des coudes pour se faufiler jusqu’à un point d’eau. Il m’est même arrivé de me faire bousculer par Jason, tout en masque et en machette, et d’entendre se dégager de ce cauchemar sur patte un « oups, pardonnez-moi ». Je suis terriblement impressionnant, il faut le savoir.

Fuck capitalism… ou pas
Mais revenons au décor. Une Gibson gigantesque surgie des entrailles de la Terre s’est fait une place sur un rond-point de cette ville paisible de 7000 âmes, damnées pour l’occasion. Deux scènes géantes accueillent les combos les plus représentatifs du festival. Les purs et durs se retrouvent quant à eux sous les chapiteaux Altar, Temple et War Zone. Grind, death, punk et autres genres sont à l’honneur avec, au passage, un hommage au tant regretté Chuck Schuldiner (leader de Death) qui ne nous a pas subjugués, mais a au moins eu l’avantage de rappeler d’excellents souvenirs. Entre tous ces rendez-vous de guitares rugissantes, un village dédié au marketing métal. Certains en sont persuadés : « l’anarchie vaincra, les démons sortiront des enfers, on se bouffera entre nous », mais entre-temps on aura constitué une belle collection de colifichets estampillés métal, de la tétine aux badges en passant par les innombrables tee shirts à l’image des groupes ou rivalisant de jeux de mots autour du sexe, de la bière, de la mort (etc.). Ne manquent que les broches pour se refaire un joli brushing entre deux headbangs. Qu’on le veuille ou non, le métal est une industrie qui a habillement enrobé ses idéaux dans un cortège d’apparats plus ou moins classes. Après tout, c’est une chance de revenus supplémentaires pour les groupes dans un marché de la musique en plein couac.

Coup de riffs
Certes on se plaint parfois de ces têtes d’affiche pas de toute première fraîcheur, car notre apostolat journalistique nous pousse à ne jamais être content, mais on ne raterait pour rien au monde ces rendez-vous avec nos incontournables dinosaures. En tête d’affiche ce premier soir, l’un des meilleurs emblèmes du genre : Iron Maiden. La seconde salve de leurs standards des années 80 se fait devant un public totalement acquis à leur cause. Certes Bruce Dickinson nous a lancé un « Bonsoir Paris » se rattrapant ensuite avec un « Clisson Hellhest », mais l’intention y était, et nous criions à l’unisson. Un grand froid s’abat sur le festival, non pas dans un moment en suspend ou une quelconque erreur, mais la vierge de fer affiche un décor de banquise pour y installer Eddy, sa mascotte. Sous les presque 30°C de l’après-midi, ce vent de fraîcheur nous sauve. Can I play with Madness, Two minutes to midnight et autres grands classiques auront raison de nous. Maiden sait assurer le show.
S’en suit un Slayer lui aussi soutenu par le public. Bien sûr la tragique disparition du guitariste Jeff Hanneman et le départ de Dave Lombardo attisent à la fois la compassion et la curiosité de la foule, mais le groupe californien n’a rien perdu de sa superbe et le Raining Blood avait ce soir une allure apocalyptique.
Cette première journée fut source d’enthousiasme et de rire dans un déluge de poussière, de bière, et une chaleur qui devait ressembler à celle des chaudrons de l’enfer. En somme, on a adoré.

Rob est un animal nocturne, aussi étions-nous surpris de le voir à l’affiche alors que le soleil inonde encore toutes les scènes. Il faut dire qu’en ce moment de solstice d’été, jouer en pleine nuit oblige à passer après 23 heure et on ne va pas mettre tous les plus grands rendez-vous au crépuscule. Ce zombie diurne n’a pas démérité et a même offert quelques secondes d’Enter Sandman, de Mettalica ainsi qu’un Am i Evil ? de… Metallica ? Perdu ! La version des acolytes d’Hetfield placé en face B de Creeping Death est un classique, mais on doit la composition du morceau à Diamond Head.

Cyril Trigoust

 
Cyril Trigoust
Rédacteur en chef de Rock You, Pur Ciné (etc.), on me voit aujourd'hui dans Jeux Vidéo Magazine ou quelques pages de musiques et de nouvelles technologies. Chaque seconde encore disponible est consacrée à la direction de ce site et la motivation de l'équipe !


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