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Hellfest – Day 2 – un suppôt et au lit…

 

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Posté le 26 juin 2015 par

Benjamin Barbaud l’affirme, le site ne permet pas d’accueillir de visiteurs supplémentaires. Les 230 000 fans sur les réseaux sociaux semblaient s’être donné rendez-vous le jour même. Je me suis mu dans une marée humaine, et plus d’une fois j’ai bu la tasse.

Le Hellfest, c’est chaque année la grand-messe des musiques métal, mais aussi une communauté ô combien soudée. On se souvient de l’immense pétition contre M6 après un reportage à charge, de tous ces anathèmes lancés par quelques politiques dépourvus de second degré (je vous promets que Cannibal Corpse n’a jamais mangé personne…), de tous les clichés véhiculés sur les satanismes, l’alcoolisme, le nihilisme d’une jeunesse à la dérive. Mais let’s rock, quoi ! Alors déjà, des alcooliques, il y en a pas plus qu’ailleurs, croyez en un routard des festivals qui a vu plusieurs fois les vieilles charrues… Quant au jeunisme, déjà il n’est pas sûr que les moins de 20 ans soient les plus représentés face à des Scorpions, Slash et autres. Et pour ces jeunes soient disant perdus, le hard rock participe d’une émancipation et d’une rébellion rassurante qui ne conduit pas nécessairement à une génération de décérébrée. Au contraire, c’est un public curieux, avec lequel il m’est arrivé de parler rock progressif, jazz et même classique, entre deux rots impossibles à contenir après le quatrième litre de bière. Certes, ils sont bruts de décoffrage, mais bien plus respectueux et généreux qu’on ne l’imagine. Ce jeune homme arrivé en fauteuil roulant spontanément soulevé par quatre bons gars pour qu’il puisse voir le concert de Slipknot en témoigne.

(copyright des images ©Benoit Rony) 

J’pète les plombs
Je n’ai même plus assez de doigts pour compter le nombre de fois où j’ai vu Airbourne en festival. La mécanique est bien huilée, je ne m’attends à aucune surprise, juste une mise en bouche de ce pis allé d’AC/DC, l’Arlésienne du Hellfest. Puis magie, une distraction ; les plombs sautent. Non pas celui du chanteur toujours aussi dynamique. Non. Les plombs de la régie. Grand moment de frayeur puis les australiens reprennent, encore plus galvanisé qu’auparavant malgré un son médiocre. La foule est en liesse, les soutiens gorges tombent, les regards masculins se tournent, c’est l’extase. Puis arrive les L7, et leur grunge graisseux, teinté de punk-pop et de garage rock. Les quatre demoiselles ne manquent pas de peps, mais déjà la foule s’amasse vers la scène 1 pour déguster les restes de Gun’s n roses.
J’ai parlé de restes ? Ne suis-je pas taquin. J’avoue ne pas être un fan inconditionnel, mais Slash rappelle dès les premières mesures de You could be mine que les Guitar Heros ne sont pas morts. Un show splendide.
Enfin arrive l’un des moments clés de la journée, Body Count sur l’espace étriqué de la Warzone. La tension monte alors que les premières guitares rugissent, et là… c’est le drame. Ice T déboule sur scène alors qu’un pogo géant s’improvise dans le public. Une Doc Martens me frôle là tête, un restant de slam m’arrive par derrière, je n’ai pas eu le temps de le rattraper, pas plus que mon voisin, le pauvre garçon a chu à nos pieds. Vite, on le relève pour qu’il ne se fasse piétiner, un second fou volant arrive, mais un mouvement de foule m’a déjà envoyé au centre du pit, un coup d’épaule par ci, j’en envoie un dans la fosse aux lions alors que pour la troisième fois il me repousse au centre de la bagarre…nul doute, Body Count is in the house… et moi je prends du recul pour un peu mieux apprécier le spectacle. Bon sang, quelle claque !
Alors que ZZ Top nous assène ses plus célèbres partitions, j’erre dans les allées du festival. Un passage par Ensiferum, et leur métal viking. Aussi distrayant qu’Arkona vu la veille. Je migre vers le centre. Foxy Lady, joué par les barbus, je m’arrête et savoure. À propos, j’ai faim. Je m’en vais grignoter et reviens. La Grange, du velours pour mes oreilles. ZZ Top et à peu près aussi mobile que Lemmy, mais tout comme le leader de Motörhead ils montrent encore qui sont les patrons.

(copyright des images ©Benoit Rony) 

Stairway To Heaven
Mike Patton, tout de blanc vêtu, arrive avec ses comparses. Je l’avais croisé à Rock en seine où il s’était amusé à affoler le parterre de popeux avec un set puissant et guttural. Certains en avaient la mèche dressée et étaient à deux doigts de fendre leur jean slim. Adepte du contrepied, Faith no more a cette fois jonché la scène de blancs et de fleurs. Assénant à qui voulait l’entendre qu’ils apportaient un peu de paradis dans cet enfer, leur playlist parcourait tous les styles auxquels ils se sont essayés ; à savoir punk, progressif, funk, hip-hop, tout ce qui fait la diversité de ce groupe inclassable. Un moment inoubliable.
Allait ensuite arriver Scorpions, la petite distraction avant Manson, un vent de changement me siffle dans les oreilles. De passage par le stand presse, je vois les premières lumières d’un feu d’artifice annoncé comme grandiose. Il le fut. Le ciel s’est allumé en cadence sur Bohemian Rhapsody alors que des frissons m’envahissaient et que mes yeux embués floutaient le spectacle. Les bougies du dixième anniversaire sont resplendissantes et la suite de cette nuit va nous sembler bien fade. Ce fut le cas, mais on nage là en pleine subjectivité, le scorpion ne m’a jamais mordu. Manson clôt agréablement cette seconde journée. Allé hop, un suppôt (de satan, bien sûr), et au lit.

(copyright des images ©Benoit Rony @Jean Pierre Sabouret) 


Cyril Trigoust

 
Cyril Trigoust
Rédacteur en chef de Rock You, Pur Ciné (etc.), on me voit aujourd'hui dans Jeux Vidéo Magazine ou quelques pages de musiques et de nouvelles technologies. Chaque seconde encore disponible est consacrée à la direction de ce site et la motivation de l'équipe !


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