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Interview de Jason Hook – Five Finger Death Punch

 

Posté le 9 septembre 2013 par

Nous avons rencontré Jason Hook dans les locaux de Gibson France. L’ancien guitariste d’Alice Cooper nous a livré ses impressions sur la sortie de son double album.

Jean-Pierre Sabouret : Pourquoi avoir découpé The Wrong Side of Heaven And The Righteous Side Of Hell en 2 volumes ?
Jason Hook : Quand nous avons commencé ce quatrième album, nous n’avions pas du tout un double comme projet. Ce que nous avons changé avec celui-ci, c’est que nous avons préparé des morceaux longtemps à l’avance. L’année d’avant, nous avions emporté un studio mobile en tournée et arrangé les chansons sur la route. Je me souviens que lorsque nous avons travaillé sur l’album précédent, American Capitalist, nous regrettions de ne pas avoir des trucs d’avance. Là nous avions déjà 8 ou 9 titres prêts. Nous les avons mis en boîte rapidement et terminé largement en avance sur le planning. Nous avons continué à composer pour avoir un maximum de choix. Au final, plus de 20 nouvelles chansons écrites. Ça devenait difficile de rejeter ce qui était moins bon. On s’est dit qu’on devrait peut-être tout sortir car nous n’arrivions pas à faire un tri. Alors, pourquoi pas un double album ? Ou alors deux albums le même jour comme Gun’s and Roses avec Use Your Illusion ? Notre maison de disque a dit « pitié ne faites pas ça, ça serait un cauchemar ». L’idée du titre sur les bas fonds du paradis et la partie vertueuse de l’enfer pouvait se répartir sur deux pochettes différentes. Lorsque la maison de disque a décidé que ça ne serait pas le même jour, nous nous sommes dit qu’il y aurait tout de même le volume 1 avec le paradis et le volume 2 avec l’enfer.

Five finger death punchJPS : Five Finger death punch semble s’épanouir dans des styles très différents sur ces deux albums, surtout le volume 2, n’y avait il aucune limite cette fois ?

JH : À chaque album, on prend quelques risques supplémentaires, on se permet des choses qu’on n’avait pas tentées avant, c’est la liberté que l’on gagne en progressant. Nous avons eu un succès important. Nous en sommes arrivés à l’étape difficile où l’on se demande, après avoir été une nouveauté, si on va durer. Puis disques d’or après disques d’or, on s’est dit qu’on pouvait se laisser aller et s’accorder plus de liberté. On ne se demande plus si on va être là où pas. Nous avons gagné le droit d’être libre de notre créativité c’est pour cela que l’on entend du piano ici, des guitares acoustiques là, ou de la flûte… Non, je blague !

JPS : Au lieu de sortir quelques chansons vendues sur Internet, vous sortez deux albums la même année, ce n’est pas un gros risque ?
JH : Je crois que les gens nous aiment pour un peu plus que la musique, il se passe plein de choses entre les fans et nous. Ils veulent une relation qui va au-delà de juste quelques chansons. J’ai vu des mecs acheter trois ou quatre exemplaires d’un album ; un sera mis de côté sans même être ouvert, un pour offrir au cousin, un pour les autographes, un pour être accroché au mur. Il se passe vraiment quelque chose de différent. On en a conclu qu’ils seraient tous ravis d’avoir deux albums la même année.

JPS : Dans quelles circonstances as-tu rejoint Five Finger Death Punch ?
JH :
Je suis ami avec Jeremy et Zoltan depuis des années, on faisait un peu partie de la même bande, Jeremy le batteur était mon colocataire, nous sommes amis depuis à peu près 20 ans. J’ai joué de la guitare longtemps avec Alice Cooper, et quand je revenais de tournée, Jeremy me faisait écouter ses maquettes en me disant « j’ai ce projet avec ce guitariste », qu’est-ce que tu en penses. Je disais, c’est vraiment pas mal, après ils m’ont dit « on cherche un deuxième guitariste, ce serait super que tu puisses venir dans le groupe ». Mais j’étais en tournée, je n’étais pas libre. Je ne pensais pas être disponible pour un groupe. Ça à commencé à vraiment marcher pour eux, ils ont signé un contrat et quand le premier album est sorti, j’avais envie de me donner des baffes en me disant « merde, j’aurais pu être dans ce groupe ». Par chance, les tournées s’étaient arrêtées avec Cooper, et Five Finger Death Punch avait un problème avec leur guitariste. Déjà quand nous tournions séparément, il m’appelait en demandant « tu ne veux vraiment pas venir avec nous, ça ne tente vraiment pas », alors à la fin de la tournée Cooper, je lui ai annoncé mon départ. Tout le monde m’a dit, « t’es pas un peu dingue, tu vas rejoindre un groupe de gamins qui font du Heavy Metal », et moi je disais « oui, ça va être super ». J’avais vraiment envie de faire des albums. Avec Cooper, je n’étais que son 19e guitariste, je ne pouvais pas espérer mieux, moi je voulais faire des albums.

JPS : Alice Cooper ne t’a pas mis sous sa guillotine ?
JH :
Non, nous en avons discuté, il a été très sympa. Il m’a dit « je soutiens toujours les gens de mon équipe pour qu’ils fassent leurs trucs, s’ils le sentent ». On s’est dit au revoir, et voila.

JPS : Présente-nous ta guitare Gibson Sherman Jason Hook.
JH :
Il y en a seulement 400 modèles au monde, et j’ai emmené un exemplaire de ma collection personnelle. C’est exceptionnel d’avoir un modèle signature chez Gibson, ils sont très sélectifs quand il s’agit de faire une guitare pour un artiste précis. Je me sens très honoré qu’ils m’aient choisi. Je voulais que ma guitare soit différente, qu’elle soit unique. On la met à côté de tous les autres modèles de Gibson, elle ressort comme un modèle intéressant et singulier, j’aime ça. Voila c’est la M4, Shermann.


Jean Pierre Sabouret

 
Jean Pierre Sabouret
Journaliste, photographe, animateur TV, j'ai dirigé Best, Hard Rock Magazine, écrit pour Guitarist, Rock You, Hard & Heavy, présenté Boulv'hard sur M6 et Dr Heavy and Mister Hard sur MCM et reste un "hard'ent défenseur du rock progressif.