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Le Prince Miiaou : Where Is the Queen ?

 
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Fiche Technique
 

Millésime: Janvier 2014
 
Musicien: Maud Elisa Mandeau, Norbert Labrousse, François-Pierre Fol, Yohan Landry
 
Editeur: No Damn Label
 
Style:
 
Production
6.5


 
Emotion
8.5


 
Notre note
7.5
7.5/10


Note des lecteurs
2 lecteurs ont voté

 

Bien vu


Une alchimie toujours plus réussie entre bricolages lo-fi, pop épique et rock noisy.

Peut mieux faire


Une production toujours un peu « limitée » (forcément), qui empêche sans doute les morceaux d’atteindre les sommets auxquels ils pourraient prétendre.


Posté le 27 janvier 2014 par

 
Notre avis
 
 

Quatrième effort pour le projet indie-pop-rock de Maud Elisa Mandeau, qui poursuit doucement mais sûrement son évolution vers une musique toujours aussi aventureuse et introspective mais également de plus en plus accessible et excitante. Ceux qui la comparent à PJ Harvey sont de plus en plus dans le vrai…

Rappelons les faits : Le Prince Miiaou n’est ni un groupe, ni un chanteur, ni un chat. Le Prince Miiaou est en fait le nom de scène de Maud Elisa Mandeau, chanteuse multi-instrumentiste française qui pratique depuis 2007, en totale indépendance et avec un bel esprit « Do It Yourself », une pop-rock tantôt rugueuse tantôt lyrique, influencée par le post-rock de Mogwai, Animal Collective, Chokebore ou Xiu Xiu. Au fil des disques, la musique de la jeune femme s’est faite de moins en moins expérimentale et de plus en accrocheuse, mais n’a toujours pas réussi à séduire un large public, malgré le soutien de l’intelligentsia rock (Télérama, les Inrockuptibles, Libération) et de nombreux concerts. Comparée à PJ Harvey ou à Bat for Lashes, Maud Elisa navigue depuis ses débuts entre tension électrique et envolées baroques, entre introspection abrasive et velours pop. Ce quatrième opus (dont le titre complet est en fait : « « Where Is the Queen? » « Who Is Asking? » « I Can Not Tell » « She’s Gone » « Gone Where? » « Just Gone… » ») affine encore la formule de son prédécesseur, le très bon « Fill the Blank with Your Own Emptyness » : de moins en moins minimaliste, de moins en moins lo-fi, de moins en moins arty, la musique du Prince Miiaou n’en reste pas moins singulière et personnelle, tout en étant de plus en plus accessible et charnue. Il faut dire que pour la première fois, Maud a accepté qu’un intervenant extérieur à son petit univers (son frère Benjamin au son, Norbert Labrousse à la batterie, François-Pierre Fol au violoncelle, et Yohan Landry à la guitare, aux claviers et à la basse) vienne intervenir dans la création de son disque, en la personne du réalisateur-mixeur Antoine Gaillet (M83, Julien Doré, Herman Düne). Sans pour autant bouleverser son style si particulier et séduisant, il a néanmoins donné légèrement plus de corps aux chansons de l’artiste, qui se situent toujours entre terre et éther, entre intimisme feutré et rock aéré.

Mélancolique, mélodique, libre et aventureux, tantôt charnel tantôt cérébral, « Where Is the Queen? » confirme le talent d’écriture et la créativité de Maud Elisa Mandeau, dont la musique ne cesse de prendre de l’assurance et du coffre sans pour autant se renier. On pense toujours par instants à Arcade Fire, notamment sur l’épique morceau d’ouverture « Happy Song for Empty People », tube en puissance qui pourrait enthousiasmer tout fan qui se respecte du groupe canadien… Mais la jeune femme est aussi toujours capable de nous surprendre, comme avec le groovy « Alaska », pas très éloigné du Beck des débuts et dont les premiers couplets se basent sur un flow rappelant le « Sign of the Time » de Prince. Tout aussi touchant et envoûtant que ses grands frères, ce quatrième album a pourtant failli ne jamais voir le jour, Maud ayant eu l’envie de raccrocher après la tournée précédente. Un séjour à New York lui a redonné l’envie de faire de la musique, mais elle continue d’avouer que le fait de devoir tout faire elle-même (depuis la composition et l’instrumentation jusqu’aux clips en passant par la gestion financière et la logistique des concerts) l’épuise et qu’elle n’est pas sûre de continuer encore longtemps – surtout qu’elle n’est réellement signée sur aucun label. N’hésitez donc pas à la soutenir, car ce serait dommage de voir disparaître un talent aussi précieux alors qu’il est sur le point d’atteindre le sommet de son art !

Informations supplémentaires et l’avis LolCats du Margouillat

WhereIsTheQueenL’avis du Margouillat : Une artiste indé française opiniâtre et surdouée, dont l’aspect un peu « arty » ne doit pas occulter les mélodies pulpeuses et les émotions variées qu’elle dispense généreusement.

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Christophe Lorentz

 
Christophe Lorentz
Journaliste, auteur et directeur d’ouvrage pour l’éditeur Camion Blanc. Coauteur des Carnets Noirs (anthologie en deux tomes sur les musiques sombres), ainsi que des livres Charles Manson Le Gourou du rock et Slipknot La Monstrueuse parade