Nos actus
 

Roger Hodgson Vs Supertramp Part 2

 

Posté le 4 octobre 2013 par

La carrière Solo de Roger Hodgson n’a pas été un chemin de rose, nous sommes revenus sur la séparation d’avec Supertramp dans un article précédent. Faisons le point sur sa traversée en solitaire.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la carrière de Roger Hodgson en solo n’a guère eu le retentissement qu’il pouvait espérer après sa démission. Lui qui pensait faire tout le boulot et ne pas en être gratifié en retour ne se doutait pas que quitter Supertramp, un nom pas très vendeur qui n’avait pas forcément fait l’unanimité au départ, signifierait un brutal retour à l’anonymat. À son crédit, force est de reconnaître qu’en ne cherchant au départ pas à trop exploiter la bannière de son ancien groupe, il prenait des risques, surtout au beau milieu des années 80 où le public semblait changer plus vite de goûts musicaux que de chemise. Du jour au lendemain il revenait presque à l’époque (la fin des années 60) où les portes des maisons de disques ne s’entrouvraient pas même pour écouter Argosy, le petit groupe prometteur qu’il avait monté avec son ami Reginald Dwight, qui n’allait pas tarder à changer de patronyme pour celui d’Elton John, le guitariste Caleb Quaye (qui accompagnera, en alternance, Elton pendant plus de 30 ans, mais aussi Hall & Oates ou Pete Townshend… ) et Nigel Ollson (également longtemps batteur d’Elton…).

Même les plus accros n’osent plus espérer entendre un jour les dizaines de chansons que le musicien dit avoir en réserve 
Roger Hodgson

Roger Hodgson,concert au festival Zarbs (2010)

De là penser qu’il a fait l’erreur de sa vie en rompant avec le groupe plutôt qu’en menant une carrière solo en parallèle comme il l’avait pensé lors de l’enregistrement d’un premier album mis au placard en 1982… On pourra aussi lui reprocher d’avoir trop pris son temps. Après avoir annulé la sortie de ce « Sleeping With The Enemy », qui n’était pas une charge contre le groupe puisqu’il en faisait encore partie, il mettra deux ans à fignoler son premier album, « In The Eye Of The Storm », dans son propre studio californien. Tous les morceaux auraient pu être des hits sous le nom de Supertramp, mais malgré quelques pages de publicité dans la presse spécialisée quasiment personne n’a fait le rapprochement. Même lorsque « In Jeopardy » sera matraqué grâce au spot de la Peugeot 309, tout le monde cherchera un temps sur quel album de Supertramp on pouvait la trouver avant de laisser tomber.Voulant prendre du temps pour élever ses enfants, Hodgson n’a pas cru bon de partir dans une longue tournée, tant et si bien que son deuxième album solo, « Hai Hai », pourtant encore plus soigné que le précédent, passera complètement inaperçu à sa sortie en 1987. Et la malchance s’en mêlera. Alors qu’il s’apprêtait à repartir sur la route pour enfin lancer sa carrière solo et défendre ses deux albums, Hodgson fait une grave chute d’une échelle se brisant les deux poignets. Obligé quasiment de ré apprendre à jouer de la guitare et des claviers, il envisagera un très court temps de se joindre à Yes en tant que simple chanteur avant de se raviser après un rapide essai. Il disparaîtra ensuite purement et simplement  pendant près de dix ans, avant de revenir sur la pointe des pieds avec un album live enregistré lors de quelques dates rapides en 1996. Pour la première fois, il revenait, sans trop insister en reprenant des titres de Supertramp (« Take The long Way Home », « The Logical Song » et « Give A Little Bit »), mais il laissait aussi une large place à son partenaire, Mikail Graham, un musicien d’ordinaire plutôt expérimental. On notait toutefois la présence surprenante de l’ami John Helliwell, le saxophoniste fantasque de Supertramp, ce alors qu’il faisait encore partie du groupe et risquait l’excommunication si Rick Davies ou son épouse l’apprenaient. Le troisième album solo, « Open The Door », ne sortira qu’en 2000, enregistré en France avec des musiciens du cru, comme Alan Simon (créateur de l’opéra Rock « Excalibur »), Laurent Verneret, Dan Ar Braz ou Jean-Jacques Milteau… Mais, ni en France ni ailleurs, cet album ne connaîtra le succès qu’aurait mérité son contenu. Et depuis, même les plus accros n’osent plus espérer entendre un jour les dizaines de chansons que le musicien dit avoir en réserve à chaque fois qu’il sort une compilation live (CD ou DVD) avec de plus en plus d’évocations de sa gloire passée, ou qu’il se lance dans une nouvelle tournée. Le succès qu’ont connu « Take The Long Way Home », DVD réalisé au Canada en 2006 et certifié platine, ou le CD « Classic Live », pourraient il est vrai laisser penser que c’est « l’ancien Supertramp » que le public réclame et rien d’autre.


Jean Pierre Sabouret

 
Jean Pierre Sabouret
Journaliste, photographe, animateur TV, j'ai dirigé Best, Hard Rock Magazine, écrit pour Guitarist, Rock You, Hard & Heavy, présenté Boulv'hard sur M6 et Dr Heavy and Mister Hard sur MCM et reste un "hard'ent défenseur du rock progressif.