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Sidilarsen – Chatterbox

 
sidilarsen
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Fiche Technique
 

Millésime: 2014
 
Musicien: David « Didou » Cancel, Benjamin « Viber » Bury, Julien « Fryzzzer » Soula, Samuel Cancel, Benjamin « Benben » Lartigue
 
Style: ,
 
Production
7.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.0
7/10


Note des lecteurs
3 lecteurs ont voté

 

Bien vu


Un équilibre toujours impeccable entre électronique et organique, entre puissance métallique et groove synthétique.

Peut mieux faire


Pas de surprise ni de réelle évolution et un chant en français « revendicatif » qui peut parfois agacer ou faire sourire.


Posté le 4 mars 2014 par

 
Notre avis
 
 

Depuis 1997, le quintet originaire de l’Ariège ravage les scènes de l’Hexagone avec son crossover électro-metal explosif et engagé. Compagnon de route de Mass Hysteria, No One Is Innocent ou Punish Yourself, le combo ne montre aucun signe de fatigue sur ce cinquième opus toujours aussi imparable.

Chant en français tantôt rappé tantôt hurlé (et parfois même mélodique), guitares acérées, rythmes technoïdes puissants, basses pleines de groove, samples cinglants, paroles conscientes… Si vous aimez Rammstein, Prodigy, Rage Against the Machine et Nine Inch Nails, nul doute que Sidilarsen vous fera jumper dans tous les sens – et cela que vous soyez dans une salle de concert surchauffée ou dans votre salon ! Car non seulement le groupe est une vraie machine de guerre sur scène, mais il soigne aussi suffisamment ses disques et ses compositions pour que sa musique puisse s’apprécier en diverses occasions. C’est bien entendu l’énergie qui prédomine, et on constate d’ailleurs que même si les Français affichent 17 années d’existence et cinq albums studio au compteur (sans compter les EP, albums de remixes et collaborations), ils n’affichent aucun signe de faiblesse et alignent une nouvelle fois onze hymnes décapants – tout en variant assez les rythmes, les sons, les mélodies et les ambiances pour éviter l’aspect trop linéaire et roboratif qui plombe certains disques du genre. Difficile en même temps de sortir un titre en particulier, tant les compositions ici présentes sont toutes de qualité égale. En cherchant bien, on aura quand même un penchant pour « Comme on vibre » – titre d’ouverture en forme de grosse claque qui met d’emblée les choses au point (au poing ?), « Hermanos » (avec son intro bluesy et sa montée acide à mi-parcours), le punkoïde « On en veut encore », et bien sûr l’incontournable et épique « Des milliards », qui clôt l’album sur une note revendicative avec son slogan entêtant (« Nous sommes des milliards contre une élite »).

La production de « Chatterbox » est à la fois aérée et percutante, mettant bien en valeur les refrains fédérateurs (fait pour être criés en chœur à pleins poumons lors des lives) et trouvant le bon équilibre entre l’épaisseur neometal des instruments organiques et l’acidité des sonorités techno/big beat. Si « Une nuit pour sept jours » (en 2008) avait marqué une orientation plus rock, moins électro et un peu plus « mûre », le groupe était revenu à ses fondamentaux avec « Machine rouge » en 2011, et reste encore aujourd’hui fidèle aux éléments qui ont fait sa renommée. Pas de grand bouleversement donc sur « Chatterbox », mais une efficacité et une créativité renouvelées, pour un résultat qui emporte l’adhésion dès les premières mesures. Certes, les esprits chagrins pourront arguer que cette musique reste très typée « années 90 », et que la formule est connue par cœur de ceux qui écoutent Mass Hysteria, No One Is Innocent depuis leurs débuts, ou qui ont pogoté sur Oneyed Jack et Spicy Box à l’époque. Mais depuis que Shaka Ponk a remis au goût du jour le mélange des genres tous azimuts, il n’est pas interdit de penser que la fusion metal/électro/groove de Sidilarsen pourra même conquérir un nouveau public. Quoi qu’il en soit, « Chatterbox » ne fera déjà pas perdre au groupe ses fans de la première heure, et on est déjà impatient de le retrouver sur sa nouvelle tournée – qui démarre le 13 mars à Bordeaux. À bon entendeur…


Christophe Lorentz

 
Christophe Lorentz
Journaliste, auteur et directeur d’ouvrage pour l’éditeur Camion Blanc. Coauteur des Carnets Noirs (anthologie en deux tomes sur les musiques sombres), ainsi que des livres Charles Manson Le Gourou du rock et Slipknot La Monstrueuse parade